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| Jean-Luc, tu nous manques.... |
Un jour très lointain, agilitiste débutante avec une jeune Labrador, j’ai rencontré un juge très impressionnant sur un concours..... Je ne savais pas qu’il deviendrait cet ami auquel je tenais tant....
C’est vrai que Jean-Luc, toujours très droit et à l’air sévère, pouvait impressionner ceux qui le découvraient. Mais cela ne pouvait pas durer ! D’abord parce que ses parcours étaient appréciés de tous : souvent fluides mais toujours techniques, les chiens pouvaient s’exprimer et courir, mais attention à la faute de conduite ou au mauvais placement, cela garantissait pénalité ou élimination !
Au fil des concours, j’ai appris à découvrir un homme au grand cœur, capable de gronder très paternellement une concurrente qui participait au jumping malgré une douleur au genou ou de pleurer en annonçant qu’un concurrent avait eu un accident de voiture sur le trajet menant à un concours, un homme à l’humour souvent pince sans rire qui « charriait » avec bonhomie les concurrents qu’il aimait bien. Un homme de caractère aussi, qui savait faire entendre et défendre son point de vue avec force et ténacité, sans se préoccuper de savoir si ça plairait ou pas....
Jean-Luc, c’était bien sûr un agilitiste de la première heure, qui a couru avant de devenir juge et d’intégrer la CNEA. C’est pendant toutes ces longues années qu’il s’est dépensé sans compter aussi bien pour l’agility que pour l’éducation et pour les clubs. Juge formateur, il a accompagné la formation de nombreux de ceux qui officient régulièrement sur les parcours, dispensant ses conseils sans compter. Formateur de la CNEA, on ne compte plus le nombre de stages d’éducateur 1er degré ou de monitorat agility qu’il a animés : communicateur hors pair, il savait transmettre ses connaissances sans jamais écraser les participants, mais en leur expliquant sans relâche le pourquoi du comment, avec toujours pour credo de respecter le chien. Responsable des Jeunes Conducteurs, Jean-Luc a créé leur Championnat de France, superbe manifestation intégrée à l’exposition canine de Nantes : avec quelle patience, quel travail, quel amour des jeunes il préparait et animait ce Championnat, qui était vraiment la grande fête et la mise à l’honneur de tous ces jeunes, avec en point d’orgue le cocktail du soir auquel n’avaient pas droit les grands ! Informaticien de talent, c’est avec la double casquette informatique et CNEA qu’il est l’une des chevilles ouvrières du magnifique Championnat du Monde de Liévin, en collaboration avec Bruno et son équipe. Mais Jean-Luc, avec toute sa fougue, sa passion, avaient aussi d’autres cordes à son arc : CTR des Pays de la Loire pendant plusieurs années, il était aussi très impliqué dans le club du Berger Belge, et a trouvé malgré tout le temps de participer très activement à la création des Masters Royal Canin avec Claude Bernard, puis d’organiser un Championnat de France et une Finale du Grand Prix de France à quelques mois d’intervalle avec son club des Sorinières.
Jusqu’à ce jour de fin 2003 où il décide, après mûre réflexion, de démissionner de la CNEA. Et nous sommes quelques-uns à savoir ce que cette décision lui a fait de peine, le mal qu’elle lui a fait.... Et pourtant, il lui a fallu le faire pour respecter sa ligne de conduite et rester en accord avec lui-même. Il n’a plus voulu être que « ce petit juge de province » que les agilitistes aimaient. Dommage pour tous ceux qui n’auront pu bénéficier de ses enseignements, dommage pour ceux qui aimaient travailler avec lui.... Dommage pour le chien...... Mais tant mieux pour ceux qui ont eu le temps de profiter un peu plus de lui, de sa générosité et de son humour.....
Mais, fidèle aux Masters, Jean-Luc a mis sur pied, en collaboration avec Marie-Annik Bourcier, la première FAR des Sorinières, qui a bien sûr été une réussite. Un sélectif pour ces Masters qu’il aimait tant, auxquels il aurait jugé une fois de plus. Les Masters..... Pour rien au monde Jean-Luc n’aurait manqué cette finale qui lui tenait tant à cœur..... Et surtout pas cette finale 2005, premiers Masters d’été, de surcroît à La Garette, pilotés par son amie Cricri..... Et pourtant.... C’est à ce moment-là que la maladie l’a rattrapé : Jean-Luc déclare forfait ...... C’est la consternation.... Et chacun de celles et ceux qui l’aiment prennent la mesure de la fatigue qui l’assaille..... Nadège, l’autre amie de toujours, l’élève, une fidèle entre les fidèles elle aussi, le remplace au pied levé, et tout le monde pense à lui.
Et puis, c’est l’engrenage.... L’hospitalisation, une lourde intervention, les soins, puis une autre hospitalisation et encore une autre, et toujours les soins et l’inquiétude de tout le monde..... Parmi les « agilitistes de base », beaucoup demandent des nouvelles, espèrent le revoir et lui souhaitent une guérison rapide.... Monique veille et surveille, transmets les messages de sympathie, l’accompagne au fil des jours avec courage, amour, tendresse. Jusqu’à ce matin, triste 31 mars..... Jacques Brel le chantait : « c’est dur de mourir au printemps... ».
Moi, comme beaucoup ; je conserverai de Jean-Luc le souvenir d’un homme extraordinaire, un homme de foi et de caractère, un homme de passion et de fougue, un homme droit et franc, un homme de générosité et de tendresse, un homme comme on aime en rencontrer, un homme dont je suis fière de pouvoir me dire son amie. Oui, Jean-Luc Bréchet, c'est un grand homme qui nous a quittés, un très grand de la cynophilie.
A Monique son épouse, à Yannick et Nolwenn ses enfants, à Servane sa petite-fille, je redis toute mon affection et ma tendresse, en leur souhaitant bon courage pour les semaines et mois à venir.
Tu nous manques, Jean-Luc......
Elisabeth Vialles
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